[Jour 5] Epandage de lisier, zoom sur le chantier du moment

  • Agroéquipement
  • Epandage
  • Essais
  • Gestion des effluents
  • Prairies
  • Projet Val'Or
  • Récolte de l'herbe

Publié le

L'herbe ne repousse pas de la même manière, dans une prairie temporaire, si l'on a épandu du lisier avec une buse-palette, un pendillard ou une rampe à patins. L'expérimentation menée dans val'OR a permis de mesurer ces différences.

Valorisation du lisier sur prairie : le match Buse vs Pendillard vs Patins

Optimiser l’efficacité de l’azote organique tout en préservant la qualité du fourrage est un défi majeur pour les élevages. Dans le cadre du programme Val’Or, nous avons conduit un essai en conditions réelles sur l’exploitation du lycée de Fonlabour à Albi (81). 

L’objectif : comparer l’impact du système d’épandage sur la repousse et la valeur alimentaire de l’herbe.

L’essai a été mené au printemps 2025 sur une prairie temporaire de Ray-grass anglais (exploitation du lycée agricole d’Albi). Nous avons appliqué un lisier bovin d’une teneur en azote total de 3.5 kg /t à une dose de 50 m³/ha selon trois modalités :

  1. Buse palette : Jet oblique ~0.6cm du sol.
  2. Pendillard : Jet vertical ~0.6 cm du sol.
  3. Rampe à patins : Ouverture légère du sol et dépose le lisier
  4. Comparée à une zone témoin sans apport

Un suivi rigoureux a été assuré :

  • tubes réactifs pour mesurer l’ammoniac (NH3) volatilisé
  • analyses de sol (à J+1, J+29 et J+67)
  • mesures hebdomadaires de la densité et hauteur d’herbe à l’herbomètre
  • analyses de la qualité du fourrage lors de la deuxième coupe.

Volatilisation lors de l’épandage : la buse palette hors-jeu

10 minutes de l’épandage, les mesures d’ammoniac dans l’air ont montré des écarts flagrants.

  1. Buse palette : 1 ppm détecté
  2. Pendillard : 0.5 ppm détecté
  3. Rampe à patins : 0.3 ppm détecté

La buse palette laisse volatiliser deux fois plus d’ammoniac que la rampe à pendillard et trois fois plus que la rampe à patins.


Dynamique de repousse : un démarrage foudroyant pour les patins et pendillards

Les chiffres de stock d’herbe à 18 jours lors de la mise en pâturage (stade déprimage) parlent d’eux-mêmes :

  • Pendillard : +49 % de stock d’herbe disponible par rapport à la buse palette.
  • Rampe à patins : +46 % par rapport à la buse palette.

Les zones pendillard et rampe à patins produisent donc rapidement et permettent d’avoir un stock plus important que la zone buse palette lors de la mise au pâturage (déprimage), 18 jours après l’épandage.

Les zones pendillard et rampe à patins produisent donc rapidement et permettent d’avoir un stock plus important que la zone buse palette au déprimage.

Lors de la 1ère fauche (ensilage) le pendillard et patins offrent encore un stock de MS plus important malgré le fait que ces deux zones ont été plus pâturées que la zone buse palette.

Sur l’ensemble du printemps, le pendillard affiche le meilleur rendement total avec un gain de 8 % de matière sèche par rapport à la buse.


L’épandage n’impacte pas que la quantité mais aussi la qualité du fourrage !

Les analyses (IR) effectuées lors de la deuxième fauche (foin) montrent que le mode d’épandage influence directement la composition du fourrage.

L’herbe issue de la rampe à patins se distingue par sa richesse énergétique et sa digestibilité. À l’inverse, le fourrage « buse palette » est le moins riche en azote et le moins digestible, pénalisé par le retard physiologique pris lors de la première phase de croissance.


Le point technique : l’efficience à l’unité d’azote

Un fait notable est ressorti de nos analyses de lisier : la tonne utilisée pour la rampe à patins contenait un lisier accidentellement moins concentré en azote (145 U/ha contre 240 U/ha pour la buse).


Ce qu’il faut retenir !

Buse palette

  • Perte de NH3 de 1 ppm à l’épandage
  • Salissement de l’ensemble de la prairie = pénalise physiologie de la plante + zone boudée par les vaches au pâturage
  • Fourrage moins digeste et moins riche
  • 71 kg MS/ unité d’N apportée

Rampe pendillard

  • -50% de perte NH3 par rapport à la buse
  • +49% de MS dispo au pâturage que la buse : avantage dans la reprise de croissance
  • +8% de MS dispo sur le printemps que la buse
  • 77 kg MS/ unité d’N apportée

Rampe à patins

  • -70% de perte NH3 par rapport à la buse
  • +46% de MS dispo au pâturage que la buse :avantage dans la reprise de croissance
  • Fourrage + énergétique et digestible que la buse
  • 140 kg MS/ unité d’N apportée

Et si on essaie de traduire les pertes de NH3 par volatilisation en € ?

On a fait les calculs sur la base de notre lisier à 3.5 kg N/t soit 170 kg N/ha épandu.

40% de l’azote total est de l’azote ammoniacal soit 68 kg NH3/ha.

Buse palette

  • ~60% de volatilisation NH3 à l’épandage
  • soit 40,8 Kg NH3/ha volatilisé donc perdu
  • au prix de l’ammonitrate (1.76€/kg) cela représente une perte de 71.81 €/ha

Rampe pendillard

  • ~35% de volatilisation NH3 à l’épandage
  • soit 23.8 Kg NH3/ha volatilisé donc perdu
  • au prix de l’ammonitrate (1.76€/kg) cela représente une perte de 41.89 €/ha

Rampe à patins

  • ~30% de volatilisation NH3 à l’épandage
  • soit 20.4 Kg NH3/ha volatilisé donc perdu
  • au prix de l’ammonitrate (1.76€/kg) cela représente une perte de 35.9 €/ha

Article réalisé par Clothilde ROMMENS de la FRcuma Occitanie


Val’OR est un projet financé par les fonds CASDAR. L’objectif de ce projet : mieux valoriser les engrais organiques sur les exploitations agricoles .

Il regroupe les réseaux cuma Ouest et Occitanie, Chambre d’Agriculture Pays de la Loire, AILE, Ifip et Idèle. Merci à eux pour leur contribution à ces ressources 🤝

La responsabilité du ministère chargé de l’agriculture ne saurait être engagée

[Jour 5] Epandage de lisier, zoom sur le chantier du moment

L'herbe ne repousse pas de la même manière, dans une prairie temporaire, si l'on a épandu du lisier avec une buse-palette, un pendillard ou une rampe à patins. L'expérimentation menée dans val'OR a permis de mesurer ces différences.

L’entretien professionnel fait peau neuve

Jusqu’ici proposé au salarié au moins tous les 2 ans, l’entretien professionnel prévoyait un état des lieux tous les 6 ans. Dorénavant, l’entretien de parcours professionnel doit être proposé tous les 4 ans pour les salariés en poste avec un bilan tous les 8 ans. De plus, lorsqu’un salarié est nouvellement embauché, l’entreprise doit l’informer […]

Groupe de fauche 9 m avec groupeur d'andain

Vidéo – Récolte d’herbe : allier qualité et efficacité

Alors que les chantiers d’ensilage battent leur plein, les marges de progrès restent importantes pour concilier débit de chantier et qualité fourragère. Retrouvez dans la vidéo les fondamentaux techniques qui, saison après saison, font la différence sur le terrain.