Risque incendie pendant les moissons : anticiper pour protéger l’intérêt collectif
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Chaque été, les périodes de fortes chaleurs, de sécheresse et de faible humidité augmentent considérablement le risque d’incendie dans les exploitations agricoles. Les travaux de récolte, de pressage, de broyage ou de débroussaillage nécessitent alors une vigilance renforcée.
En Cuma, un incendie ne concerne jamais uniquement l’adhérent qui utilise le matériel. La destruction ou l’immobilisation d’une machine impacte directement l’ensemble du collectif : retards de chantier, perturbation de l’organisation, coûts supplémentaires, hausse éventuelle des charges et nécessité de trouver des solutions de remplacement en urgence.
La prévention : le premier outil de protection
La majorité des départs de feu peut être évitée grâce à quelques mesures simples mises en œuvre avant et pendant les chantiers.
Préparer les machines
Avant la saison des moissons, il est essentiel de :
- vérifier l’état général des matériels ;
- contrôler les organes mécaniques susceptibles de provoquer un échauffement ;
- s’assurer du bon fonctionnement des systèmes électriques ;
- équiper les machines d’extincteurs adaptés et régulièrement contrôlés ;
- nettoyer quotidiennement les accumulations de poussières, de paille et de résidus végétaux.
Une machine propre et entretenue réduit fortement les risques de départ de feu.
Adapter l’organisation des chantiers
Lorsque les conditions météorologiques sont particulièrement défavorables, certaines précautions permettent de limiter les risques :
- privilégier les interventions aux heures les moins chaudes lorsque cela est possible ;
- surveiller les conditions de vent ;
- adapter la hauteur de coupe pour limiter les contacts avec les pierres ;
- être particulièrement vigilant dans les parcelles à risque ou à proximité de zones sensibles.
Certaines Cuma choisissent également d’intégrer des consignes spécifiques dans leur règlement intérieur afin de formaliser les bonnes pratiques et de clarifier les responsabilités de chacun.
Prévoir les moyens d’intervention
En période de risque élevé, il est recommandé d’anticiper une éventuelle intervention rapide :
- disposer d’une réserve d’eau à proximité du chantier ;
- prévoir un tracteur équipé d’un outil de travail du sol permettant de créer rapidement une bande coupe-feu ;
- s’assurer que tous les intervenants connaissent les consignes d’alerte et les numéros d’urgence.
La rapidité d’action dans les premières minutes est souvent déterminante pour limiter la propagation d’un incendie.
Que faire en cas de départ de feu ?
La priorité reste toujours la sécurité des personnes.
En cas d’incendie :
- Mettre les personnes en sécurité.
- Alerter immédiatement les secours.
- Préciser la localisation exacte du sinistre.
- Intervenir uniquement si les conditions le permettent et sans se mettre en danger.
- Faciliter l’accès des secours au chantier.
Aucun matériel ne justifie une prise de risque humaine.
Développer une culture collective de la prévention
Face à l’évolution des conditions climatiques, la prévention du risque incendie devient un enjeu majeur pour les Cuma. Au-delà des équipements, c’est l’ensemble du collectif qui doit s’approprier les bonnes pratiques : entretien rigoureux du matériel, anticipation des périodes à risque, organisation adaptée des chantiers et sensibilisation régulière des adhérents.
Préserver le matériel collectif, c’est garantir la continuité des chantiers, maîtriser les coûts et protéger l’investissement de tous les adhérents. La prévention incendie est ainsi une responsabilité partagée au service de la performance et de la solidarité coopérative.