Robotique agricole : à la cuma de Sassy (14), un AgXeed de 230 ch à l’essai

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Le 7 octobre, à Olendon, dans le Calvados, une cinquantaine d’agriculteurs sont venus découvrir l’AgBot T2 d’AgXeed, dans sa nouvelle version de 230 ch. Organisée à la cuma de Sassy, sur le site de SECOOPA, cette démonstration s’inscrit dans les travaux engagés par les fédérations de cuma de Normandie pour mieux comprendre les possibilités de la robotique agricole et ses conditions d’utilisation en cuma.

Malgré la pluie battante et les rafales de vent, les agriculteurs ont répondu présents pour observer le robot au travail et échanger autour de cette technologie. Distribué par Tecmat, l’AgBot T2 de 230 ch a travaillé pendant deux jours à la cuma de Sassy. (voir sur https://link.mycuma.fr/carte?zoom=12&lat=48.98297719462921&lng=-0.144345760345459&cuma=24778).
Une nouvelle étape pour les fédérations de cuma normandes, qui explorent depuis plus d’un an les perspectives de la robotique aux champs.

Malgré la pluie battante et les rafales de vent, les agriculteurs ont répondu présents pour observer le robot au travail et échanger autour de cette technologie. Distribué par Tecmat, l’AgBot T2 de 230 ch a travaillé pendant deux jours à la cuma de Sassy. Une nouvelle étape pour les fédérations de cuma normandes, qui explorent depuis plus d’un an les perspectives de la robotique aux champs.

Un robot conçu pour travailler en autonomie

Sans cabine ni chauffeur à bord, l’AgBot réalise ses trajectoires à partir de données de géolocalisation. Il est équipé de chenilles, d’antennes de positionnement GPS RTK, de dispositifs de détection des obstacles et d’un système de supervision permettant de suivre son activité.

Cette nouvelle version développe une puissance de 230 ch. Selon les équipements utilisés, le robot peut notamment être mobilisé pour le déchaumage, le travail du sol, le semis ou encore le broyage.
Lors de ces deux jours d’essais, c’est le déchaumeur Lemken (5 m) de la cuma de Sassy qui était attelé.

https://youtu.be/mg4cGT2EdYY

Pour Jonatan Müller, responsable des ventes d’AgXeed en France, le principe est simple : “C’est comme un tracteur, mais sans la cabine.” Du côté de Tecmat, le distributeur, Damien Cousin souligne la “souplesse d’utilisation de la machine, notamment lors des manœuvres et des changements de direction”.

Une prise en main qui semble accessible

La démonstration a permis de recueillir le témoignage de Vincent Barbot, président de la cuma de Sassy. Son retour porte notamment sur la facilité d’appropriation de la machine : “Ce n’est pas hyper compliqué à prendre en main.”


Ce témoignage est intéressant, car l’arrivée d’un robot autonome ne signifie pas nécessairement que son utilisation est réservée à des spécialistes de la robotique. 

Pour autant, la simplicité apparente des commandes ne doit pas masquer le travail de préparation nécessaire. Avant de lancer le robot, il faut notamment disposer d’une cartographie précise des parcelles, identifier les obstacles et paramétrer les trajectoires. La supervision, la gestion des alertes, l’entretien et les déplacements entre les chantiers restent également des éléments à prendre en compte.

L’autonomie de la machine ne signifie donc pas l’absence d’intervention humaine, mais une autre manière de répartir le travail entre la préparation, le suivi et la réalisation du chantier.

La robotique ne supprimera pas le travail humain, elle le modifie

Rodolphe Lormelet, président de la Fédération des cuma Normandie Ouest, met en avant “la possibilité de profiter de conditions plus favorables en travaillant la nuit”. 

La robotique agricole suscite un intérêt particulier dans un contexte où les fenêtres d’intervention peuvent être de plus en plus contraignantes : les épisodes de sécheresse combinés aux périodes de forte activité peuvent compliquer l’organisation des chantiers.

La robotique aux champs peut également contribuer à répondre aux difficultés de recrutement. Comme le rappelle Rodolphe Lormelet, “la machine nécessitera toujours de la main-d’œuvre, mais pas nécessairement avec les mêmes compétences ni pour les mêmes tâches”. Le robot ne supprime donc pas le besoin de travail humain. Il peut en modifier la nature : davantage de préparation, de programmation, de surveillance et de gestion des interventions, et potentiellement moins de présence continue au poste de conduite.

Préparer les parcelles : une étape incontournable

Pour fonctionner en autonomie, le robot doit, en effet, disposer d’informations précises sur son environnement. Un arpentage avec un système de positionnement RTK est impératif afin de cartographier très précisément les contours des parcelles, de repérer les obstacles, … L’entretien des haies en bordure de champs fait aussi partie des conditions à réunir pour limiter les difficultés de fonctionnement.

Autre contrainte : l’AgBot n’étant pas homologué pour circuler sur la route, son transport entre les parcelles doit être organisé, notamment à l’aide d’un porte-engin. 

Ces éléments rappellent que l’autonomie se construit autant en amont du chantier que pendant le travail dans la parcelle.

Consommation, sols et rentabilité : des questions à mesurer 

Si la robotique ouvre des perspectives, son intérêt doit être évalué à partir de résultats concrets. Le coût d’acquisition d’un robot est supérieur à celui d’un tracteur classique comparable mais il ne faut pas s’arrêter là. L’investissement doit donc être mis en regard du volume d’utilisation, des performances obtenues et des charges de fonctionnement.

Gauthier Savalle précise : “la question du nombre d’heures annuelles est centrale pour la rentabilisation du robot. Ce repère reste à déterminer et à adapter selon les situations : le coût du matériel, le financement, les outils attelés, la consommation, les déplacements et l’organisation du travail influenceront le résultat économique.”

L’impact sur les sols constitue un autre sujet d’attention. Le constructeur met en avant la masse “limitée” de la machine et surtout ses chenilles, comme moyen de réduire la pression exercée sur le sol. 

Pour les fédérations de cuma, l’enjeu est de mettre en œuvre le robot en situation cuma et d’évaluer les résultats obtenus dans les conditions réelles de travail : débit de chantier, consommation par hectare, comportement sur les sols, temps de surveillance et contraintes logistiques.

De la découverte à l’expérimentation

La démonstration de Sassy s’inscrit dans une démarche engagée par les Fédération des Cuma Normandie Ouest et Fédération des Cuma Seine Normande dans le cadre du COB Innov’action..

Au printemps 2026, quatre adhérents de la cuma de Carville, dans la Manche, avaient déjà expérimenté un AgXeed T2 de 156 ch. En novembre 2025, chez un adhérent de cuma, ce même robot avait été utilisé pour semer de l’orge sur une vingtaine d’ hectares.

Ces premières expérimentations ont permis d’identifier plusieurs points de vigilance : la gestion des alertes, les déplacements entre parcelles et le temps nécessaire à la supervision. Elle a également montré que les caractéristiques des parcelles et l’organisation du travail influencent fortement les résultats.

Le passage à la version de 230 ch constitue une nouvelle étape. Il permet de poursuivre les observations avec un modèle plus puissant, sans préjuger des résultats qui seront obtenus dans les différentes situations agricoles.

Quel intérêt pour une cuma ?

Pour une cuma, la question ne se limite donc pas à savoir si le robot est capable de réaliser un travail. Il faut surtout déterminer comment l’intégrer dans l’organisation collective : qui prépare les parcelles, qui planifie les interventions, qui supervise la machine, comment organiser les déplacements et comment répartir les coûts entre les adhérents.

L’objectif des expérimentations est précisément de contribuer à “apporter des réponses à à partir du terrain réel en cuma”. Il ne s’agit ni de présenter la robotique comme une solution universelle, ni de l’écarter au regard de ses contraintes actuelles, mais de disposer d’éléments concrets pour éclairer les choix des cuma.

Ces travaux sur la robotique s’inscrivent également dans le cadre du projet Robots des Champs 2 conduit par la Fédération des Cuma Normandie Ouest et la Fédération des Cuma Seine-Normande, avec l’appui de la FRcuma Ouest, en lien avec Littoral Normand et Unilasalle et le soutien de la Région Normandie.

La démonstration a été rendue possible grâce à la participation de la cuma de Sassy, à l’accueil sur le site de SECOOPA et à la contribution de Tecmat, distributeur d’AgXeed.