La précision comme fil conducteur à la station expérimentale de Kerguéhennec (56)

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Audit parc matériel de la station expérimentale de Kerguéhennec (56)

🎯Une station tournée vers l’expérimentation et l’innovation

La station expérimentale de Kerguehennec est spécialisée en grandes cultures et compte trois salarié·es. Le parc matériel y est régulièrement renouvelé, permettant d’intégrer des technologies récentes et de tester des innovations encore peu présentes dans les exploitations agricoles.

L’intégration de technologies de précision répond à plusieurs objectifs.

  • Améliorer les conditions de travail
    L’autoguidage et l’automatisation de certaines tâches permettent un gain de temps et de confort, tout en limitant la charge mentale lors des interventions.
  • Renforcer la précision agronomique
    La modulation de dose, la coupure de tronçons ou encore le désherbage ciblé permettent une utilisation plus fine des intrants, avec à la clé des économies et une meilleure homogénéité des apports.
  • Tester des innovations
    En tant que station expérimentale, Kerguehennec cherche aussi à évaluer des technologies émergentes, encore peu diffusées dans les exploitations.

«C’est un investissement important mais si c’était à refaire, on le
referait sans hésiter. Le gain en précision et en efficacité est au
rendez-vous.» Jean-Paul PICHAUD, président de la cuma

Un parc matériel structuré autour de la précision

La station dispose d’un parc d’outils intégrant différentes briques technologiques.

Le tracteur Claas Arion 440 (115 CV) constitue un élément central du dispositif. Équipé d’un système d’autoguidage AgLeader, d’une console ISOBUS Mueller 1200 et d’une correction RTK NTRIP, il permet notamment la coupure automatique de tronçons et la modulation des doses.

Plusieurs outils viennent compléter cet équipement :

  • un semoir monograine Kverneland Optima V (6 rangs) avec distribution électrique et modulation de dose ;
  • un distributeur d’engrais Sulky DX30+, doté d’une pesée dynamique et d’une régulation électronique ;
  • un pulvérisateur porté Arland Hélium2+ (1500 L – 24 m) intégrant la coupure buse à buse, la gestion de hauteur de rampe et la modulation ;
  • une bineuse Einbock Weeder Pilot guidée par caméra et reconnaissance d’images des rangs ;
  • une moissonneuse-batteuse Claas Evion, équipée de capteurs de rendement et d’humidité pour la cartographie de récolte.

Ces équipements permettent de couvrir l’ensemble du cycle cultural, du semis jusqu’à la récolte, tout en générant des données exploitables pour l’analyse agronomique.

🚜 Des bénéfices identifiés, avec des limites à prendre compte

L’audit met en évidence plusieurs intérêts pour la station :

  • amélioration du confort de travail,
  • qualité accrue des interventions,
  • optimisation de l’utilisation des intrants.

Les économies proviennent notamment de la coupure automatique, de la modulation des apports et de la réduction des recouvrements.

Par ailleurs, la technologie facilite le suivi des interventions grâce à la remontée et à l’exploitation des données agronomiques.

Comme le souligne le technicien Evan Tety Vidi :

« Un système d’autoguidage le plus ouvert possible est le point de départ de la mise en place d’un écosystème basé sur l’interopérabilité et la collecte de données fiables et exploitables. ».

Malgré ces avantages, plusieurs points de vigilance ont été identifiés.

La prise en main des consoles peut parfois être complexe, notamment lorsque plusieurs marques et interfaces coexistent. La puissance des consoles peut également limiter la lecture ou le traitement de certaines cartographies.

Le manque de cohérence globale du parc matériel constitue aussi un frein potentiel, notamment lorsque les outils et systèmes ne sont pas totalement interopérables.

Enfin, certaines options technologiques représentent un investissement important, qui peut être difficile à rentabiliser si leur utilisation reste occasionnelle.


En synthèse …

Plusieurs leviers pourraient renforcer l’efficacité des technologies déjà en place :

  • uniformiser davantage le parc matériel,
  • exploiter plus systématiquement les données collectées,
  • renforcer la formation et la montée en compétences des opérateurs.

L’interopérabilité entre machines, consoles et logiciels apparaît comme un enjeu central pour valoriser pleinement les données produites.

Comme le rappelle Gwenaël Morin, référente précision :

« L’interopérabilité données–consoles–outils–tracteurs est la clé de la mise en œuvre de l’agriculture de précision. »

Projet

Ce retour terrain a été reccueilli dans le cadre du projet agrOOP visant à démultiplier les solutions d’agriculture de précision au service de l’agroécologie, avec l’ensemble des partenaires du projet.

Projet financé par les fonds Casdar (Compte d’affectation spéciale développement agricole et rural).

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