Retour sur les essais de désherbage mécanique en culture de betteraves

  • Désherbage mécanique

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2 essais de désherbage mécanique ont été conduits au cours de la campagne 2025 sur la culture de betteraves.

Contexte et objectifs

Dans le cadre des actions menées par le Bassin d’Alimentation de Captage (BAC) de Fécamp-Valmont, 2 essais de désherbage mécanique ont été conduits au cours de la campagne 2025 sur la culture de betteraves.
L’objectif principal de ces essais était de tester la complémentarité entre le désherbage chimique et le désherbage mécanique, dans une démarche de réduction de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques tout en maintenant une efficacité de maîtrise des adventices satisfaisante.

Dispositif expérimental

Le témoin va être comparé à l’une des trois modalités testées.
Le témoin conventionnel : 6 passages d’herbicide, soit un IFT* de 6,7, complétés par 1 passage de bineuse.
Le programme mixte (M3) : 2 passages d’herbicide, pour un IFT de 2,11,
associés à 6 passages de désherbage mécanique (bineuse, herse étrille et houe rotative selon le stade et les conditions).Cette approche visait à réduire de plus de deux tiers l’IFT herbicide tout en observant le comportement des adventices et la faisabilité technique d’un itinéraire à dominante mécanique.

IFT : Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires, outil de mesure de l’intensité d’usage des produits phytopharmaceutiques.
T = Traitement herbicide
AG = Anti-graminées

Suivi des adventices et efficacité du désherbage

Des comptages d’adventices ont été réalisés après chaque intervention de désherbage mécanique.
Les premiers résultats montrent que la maîtrise des adventices a été globalement satisfaisante jusqu’à la mi-mai, avec des niveaux de salissement comparables entre les deux modalités.

Cependant, à partir de la seconde quinzaine de mai, une augmentation de la population d’adventices a été observée sur la modalité à dominante mécanique, avec une densité environ doublée par rapport aux observations précédentes.
Cette évolution s’explique probablement par :
– Des conditions météorologiques plus humides rendant les passages mécaniques moins efficaces,
– Le décalage entre interventions qui a pu permettre une nouvelle levée d’adventices.

Le graphique ci-dessous illustre cette dynamique d’évolution de la flore adventice sur la période de suivi :

Analyse économique

L’analyse économique de l’itinéraire technique, intégrant les coûts du carburant, de la traction, main-d’œuvre et des  produits phytopharmaceutiques.

Malgré un nombre de passages plus élevé en désherbage mécanique, le coût global du programme mixte s’avère inférieur à celui du témoin conventionnel. Cette différence s’explique essentiellement par la forte réduction des intrants chimiques, qui compense le coût supplémentaire lié aux interventions mécaniques.

Le graphique ci-dessous met en évidence cette tendance favorable à la solution mixte du point de vue économique.

Perspectives et suivis à venir

Un dernier comptage des adventices ainsi qu’une pesée avant récolte seront réalisés afin d’évaluer l’impact sur le rendement final.
Ces données permettront d’établir un bilan complet de l’expérimentation et d’affiner les recommandations pour les campagnes à venir.

Conclusion

Les premiers résultats de ces essais confirment que le désherbage mécanique constitue une alternative crédible au désherbage exclusivement chimique, notamment dans une optique de réduction des IFT et de protection de la ressource en eau.

Cependant, la régularité et la précision des interventions demeurent essentielles pour maintenir une efficacité satisfaisante sur la durée.Ces essais s’inscrivent pleinement dans la dynamique du BAC de Fécamp-Valmont visant à accompagner les agriculteurs vers des pratiques plus durables, conciliant performance économique et respect de l’environnement.

Article de l’infocuma novembre 2025, écrit par Gauthier Savalle