Retour sur l’assemblée générale de la fédération régionale des cuma de l’Ouest

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Revivez l’assemblée générale de la fédération

La matinée

A été consacrée à la partie statutaire, avec la présentation des rapports d’activité et financiers. Un temps fort a été également consacré aux ateliers dynamiques, autour de l’épandage, du Tri’age et des nouvelles technologies.

L’après-midi

Place à la table ronde dédiée au renouvellement des responsables en cuma. L’enjeu ne réside pas tant dans la motivation que dans l’attention portée à leur accueil, à leur bien-être au travail et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, afin de favoriser leur engagement au sein du collectif.


En présence de Véronique Lucas sociologue rurale à l’INRAE Bretagne-Normandie, Frédéric Conq vice-président d’Eureden, Aline Dion-Paillard chargée de projets collectifs de la fédération des cuma de Bretagne et Marc Auréjac directeur-adjoint de l’union des cuma des Pays de la Loire.

Dans de nombreuses cuma

Le renouvellement des responsables est devenu un sujet sensible. La difficulté à trouver des administrateurs est souvent expliquée par un manque d’envie ou un désengagement des adhérents. Pourtant, une enquête menée pendant trois ans, dans le cadre d’une thèse de sociologie au sein du réseau de la FRcuma Ouest, invite à poser la question autrement.  

Les premiers résultats montrent que l’engagement dépend moins de la motivation individuelle que des conditions concrètes dans lesquelles il s’exerce. Autrement dit, ce n’est pas tant l’envie de s’engager qui manque, mais la manière dont les responsabilités sont organisées, vécues et transmises.

D’un engagement fondateur à un engagement à réinventer

Le modèle historique des Cuma s’est construit dans un contexte agricole très différent : exploitations plus nombreuses, forte proximité entre voisins, entraide. L’engagement faisait alors partie intégrante de la vie sociale, professionnelle et familiale.

Aujourd’hui, beaucoup d’adhérents héritent de structures qui fonctionnent déjà. L’enjeu n’est plus de créer, mais de maintenir, d’adapter, de faire évoluer. Pour les nouvelles générations, s’engager ce n’est plus un acte fondateur, mais un travail d’appropriation d’outils existants. Cela suppose de trouver sa place, de comprendre les règles du jeu et de donner un sens nouveau à l’action collective.

Des responsabilités qui ont changé de nature

Salariat, exigences réglementaires, investissements importants, gestion administrative : les responsabilités exercées par les administrateurs se sont profondément transformées. Dans certaines Cuma, le rôle se rapproche désormais de celui d’un chef d’entreprise, avec une charge mentale rarement visible.

Ces évolutions interrogent directement la façon dont les tâches sont pensées, partagées et accompagnées.

Rendre l’engagement possible aujourd’hui

Les témoignages recueillis convergent sur plusieurs points :

clarifier les rôles, mieux répartir les responsabilités, reconnaître le temps consacré, et tenir compte des équilibres de vie sont devenus des conditions essentielles pour donner envie de s’engager.

Ce n’est pas un désengagement, mais une autre manière de concevoir l’engagement.

Et maintenant ?

Ces travaux invitent à un changement de perspective. Plutôt que de chercher des «volontaires idéaux», il s’agit de penser l’engagement comme une ressource collective à organiser, soutenir et sécuriser. Cela suppose de sortir du modèle implicite du «CDI bénévole» pour aller vers des mandats délimités dans le temps, une complémentarité entre élus et salariés et une gouvernance adaptée aux réalités actuelles de l’agriculture. 

Ces enseignements seront présentés lors de la prochaine Assemblée Générale, et mis en discussion avec des professionnels du réseau qui questionnent leurs pratiques d’accompagnement des Cuma. Un temps fort pour partager constats et expériences, ouvrir le débat et construire ensemble les leviers d’une gouvernance Cuma soutenable, attractive et durable.