Portrait de Julien Gillette

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"À 40 ans, Julien Gillette a déjà connu 2 vies professionnelles bien distinctes" ... "Un virage serré mais assumé, qui l’a conduit tout naturellement à s’engager dans les cuma locales"

À 40 ans, Julien Gillette a déjà connu 2 vies professionnelles bien distinctes. Ancien directeur de Carrefour Market en région parisienne, il a troqué en 2019 les rayons de supermarché pour les pâtures verdoyantes de la Manche. Stress, pression commerciale ont cédé la place au rythme des traites et aux pâturages de 90 vaches laitières.
Un virage serré mais assumé, qui l’a conduit tout naturellement à s’engager dans les cuma locales… jusqu’à devenir trésorier de la cuma de la Maugerie à Moyon (50), administrateur pour les cuma de Moyon et à Tessy Bocage et, plus récemment, délégué au comité Manche de la fédération.

Retour aux sources et nouvelle donne

Originaire du Bessin (14), Julien et son épouse Ségolène cherchaient une exploitation familiale à taille humaine dans le centre manche « plus dynamique et près de mes copains » dit-il.

Le répertoire « départ installation » de la Chambre d’agriculture les a aidé à trouver : 83 hectares, 80 vaches, un système pâturant efficace et une ferme portée par des cédants très impliqués dans les cuma.
« On a eu la chance de reprendre dans un territoire dynamique, riche en cuma et en services. »
Avec pour tout arsenal 2 tracteurs (90 et 140 cv), une benne et quelques vieux outils, Julien avoue sans détour :

L’adhésion à quatre cuma lui offre tous les matériels dont il a besoin : traction, semis, récolte, épandage… et surtout désilage.

Le nec plus ultra : le désilage en cuma

C’est son service préféré, qu’il décrit avec un mélange de sérieux technique et de malice.
« Je nourris mes vaches pour 21 euros par jour. Qui dit mieux ? »
Sécurité, performance, économie et gain de temps : le désilage collectif coche toutes les cases. Et en prime, il facilite le remplacement.
« Quand on n’est pas là, nos 2 apprenties se relaient pour traire et la cuma nourrit. C’est quand même plus simple ! »

Un adepte du collectif (mais pas des réunions)

Remarqué lors du 1er Mécaécoles à la cuma de la Vallée de la Joigne (50) – où il avait défendu haut et fort le bien-fondé des cuma devant 800 élèves – Julien ne mâche pas ses mots sur les défis à venir.

S’il s’engage volontiers dans la fédération en tant que délégué au comité de la Manche, il garde un pied léger dans l’univers agricole :
« Les réunionites agricoles, très peu pour moi. »
Ce qu’il préfère ? Filer en bateau faire une « dinette » à Chausey, longer les côtes bretonnes ou taper dans le ballon au club de foot du coin.

Un système qui roule, un œil sur demain

Six ans après l’installation, le bilan est positif : le système laitier tourne rond et la page du salariat sous pression est définitivement tournée. Mais Julien ne compte pas s’arrêter là. Sensible aux enjeux environnementaux pour notamment l’avenir de ses enfants, il envisage de réduire son troupeau, d’être plus autonome et pourquoi pas un passage en bio tout en gardant à l’esprit les aspects temps et revenus.

Preuve que Julien sera bel et bien au rendez-vous : en siégeant au comité de la fédération, il compte apporter son franc-parler et de nouvelles idées pour faire évoluer les cuma et les préparer aux défis de demain.