« Nos collectifs intéressent »
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Si la pertinence de la cuma dans l’histoire agricole n’est plus à démontrer, le président de l’Union des cuma des Pays de la Loire se montre convaincu que le modèle reste plus que jamais d’actualité.
« Les cuma savent s’adapter »
Laurent Lesage, président de l’Union des cuma des Pays de la Loire.

Diriez-vous que la vague de renouvellement dynamise ou redynamise le modèle cuma ?
Des cuma qui sont bien implantées et dynamiques démontrent que ça fonctionne. Demandez à leurs adhérents : ils ne feraient pas autrement. Sans doute qu’elles ont à réfléchir sur le thème de l’accueil et de l’intégration, mais on constate que d’une manière générale, les gens viennent aux cuma. Des céréaliers maintenant s’intéressent aussi au collectif. Les jeunes qui s’installent également. Dans la plupart des cas, ils
cherchent au moins à se renseigner à propos des cuma autour d’eux.
Vous pointez pourtant un déclin du soutien aux cuma et à vos fédérations
Le discours ambiant reste très favorable à l’idée du partage des matériels, mais concrètement, on ne nous accompagne pas, ou plus difficilement. Je citerai en exemple la prise en charge du conseil stratégique DiNACUMA. L’enveloppe 2024 à l’échelle de notre région était de 245 000 €. Elle s’est réduite à 123 000 € l’année suivante. Et concernant nos fédérations,
nous n’échappons pas non plus aux restrictions du budget régional.
On voit également que les démarches d’obtention des aides sont plus compliquées, et leur acceptation est moins certaine.
A l’inverse, y a-t-il des signaux dont les cuma peuvent se réjouir ?
Pour continuer sur le sujet des PCAE, il faut voir que ces tracas administratifs touchent tout le monde, or sans un accès à ce type de soutien, les agriculteurs devront tout de même se tourner vers des solutions d’investissement adaptées. Et le collectif en est une. Car comment trouver autrement un tracteur de 250 ch qui nous reviendrait à 40 €/h ? Par ailleurs n’oublions pas qu’un euro d’aide dépensé pour un investissement collectif, c’est un euro utile à un grand nombre d’agriculteurs. Au-delà, ce dont on peut réellement se réjouir, c’est de voir inscrit que les cuma sont facilitatrices de l’installation et de la réussite des agriculteurs dans le rapport d’orientation 2025 des JA. Cela rappelle en effet que nos collectifs représentent un atout majeur pour éviter
que la mécanisation n’affecte trop la trésorerie des exploitations agricoles.
Mais sur le terrain, le nombre de cuma ne continue-t-il pas son érosion ?
Certes. Mais ce n’est que le reflet de l’évolution générale de l’agriculture. Pendant ce temps, le service progresse car, et c’est une réussite en particulier sur notre région, le développement de l’emploi, des bâtiments et des solutions en prestation a été remarquable. Les cuma savent s’adapter.
Peut-on donc considérer que la partie est-elle donc gagnée pour ces groupes ?
Je pense que nous pouvons faire encore beaucoup mieux. Et plus que sur l’achat du matériel, cela se joue sur l’optimisation de nos organisations autour du matériel. Comment faisons-nous pour l’utiliser en continu sur des journées de 12, 13 ou 14 heures ? On peut citer ce qu’il se passe en Vendée, à la cuma des Moulins du Lay. D’autres cuma d’éleveurs nous montrent qu’il est possible de faire travailler nos outils de 7 heures à 20 heures en changeant les chauffeurs. Nous pouvons mieux faire encore, à condition d’emmener le groupe vers une évolution de pratiques.
Propos recueillis par Ronan LOMBARD Spécial Entraid Janvier 2026