La coopération s’enracine avec un contrat-cadre
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Coopérer, c’est accepter d’avancer ensemble dans un quotidien souvent dense, parfois mouvant. À la cuma du Bocage nantais, les responsables ont fait le choix d’un accompagnement sur la durée pour consolider une dynamique collective.
Avant, il y avait cinq coopératives. Puis elles ont fusionné, donnant naissance à la cuma du Bocage nantais. Avec 208 adhérents et 14 salariés, la nouvelle entité est un groupe d’envergure. Elle est à la fois motrice sur son territoire et l’objet de fortes attentes.
Au moment de la fusion, tout allait très vite : réunions nombreuses, décisions stratégiques, coordination complexe entre plusieurs équipes qui ne se connaissaient pas encore… « On sentait qu’on avait besoin d’être accompagnés, d’avoir des traces écrites… et des réunions efficaces », se rappelle le président Mathieu Drouet. L’appui initial a évolué en un accompagnement long, intégré au contrat-cadre dès 2022, avec la présence régulière d’un animateur référent à chaque conseil d’administration.

Un animateur référent à chaque Conseil d’administration
Cet appui dans la durée a permis de structurer progressivement la gouvernance : préparation et appui à l’animation des réunions, clarifications des plans d’action, relevés de décisions, suivi des projets. Surtout, il a offert au groupe un regard extérieur neutre qui peut être bénéfique dans les discussions stratégiques. « La neutralité facilite les
échanges, elle permet à chacun de participer au débat sans avoir à jouer un rôle d’arbitrage des discussions », constate le président.
La gestion des salariés constitue un autre volet essentiel, particulièrement
dans une structure employeuse. Un appui aux entretiens annuels, réunions
collectives et gestion RH ont permis de soulager les responsables, qui peuvent être pris dans l’affect ou le manque de recul. Là aussi, la continuité compte : une même personne suit le dossier, connaît l’historique, les besoins, les tensions éventuelles.
Un atout en particulier pour la gestion de l’emploi
Cette dynamique a ouvert la voie à des décisions structurantes. La création d’un poste de coordinateur au sein de l’équipe en est un exemple. Ce fut une étape clé pour sécuriser l’activité de la cuma du Bocage nantais, et fluidifier les relations internes. « On avait besoin de passer à une vitesse supérieure, souligne Mathieu Drouet. C’est un poste qui demain devrait prendre encore plus d’importance dans notre fonctionnement
vu l’évolution de nos besoins. »
Ce service répond aujourd’hui à un besoin de la cuma : « Il nous permet de mobiliser des compétences que nous n’avons pas en interne et de structurer notre fonctionnement », explique le président. Il a installé des habitudes solides, s’adapte à l’évolution des besoins et offre maintenant des outils concrets d’aide à la décision pour rendre la gouvernance
plus efficace.
Accompagner la coopération dans la durée
Quelle que soit la taille de la cuma, le contrat-cadre change profondément la relation d’accompagnement : on passe d’interventions ponctuelles à un véritable partenariat entre la cuma et sa fédération de proximité.
Cette présence régulière permet de suivre les projets, d’ajuster les outils, et de mieux comprendre les besoins du groupe.
Pour l’animateur, c’est une occasion rare : celle d’observer la progression d’une équipe, de faire évoluer sa propre posture et d’accompagner une gouvernance qui gagne en autonomie et en cohérence.
Bénédicte ROUSVOAL, Spécial Entraid Janvier 2026